Parents, ami.e.s, collègues,  nous les côtoyons quasiment tous les jours et, si les rapports que nous entretenons avec eux nous réjouissent, nous nourrissent, il faut bien avouer qu’ils peuvent devenir un véritable casse-tête par moment. Et que dire de ces dizaines d’interactions que nous avons avec ces inconnu.e.s  ou quasi-inconnu.e.s :  le facteur, l’opérateur téléphonique, le téléconseiller de notre banque, le voisin…

A combien de crispations et d’agacements sommes-nous en proie dans nos relations proches, amicales, sociales ? Comment limiter les malentendus et éviter que nos échanges tournent au vinaigre ? Comment se protéger du flot d’émotions que peut générer la vie en société ?

Dans cet article, vous trouverez 5 pistes d’action très concrètes inspirées de mon podcast préféré « changemavie », de mes nombreuses sources de lectures et de mes propres expériences de vie.

1/ Arrêter d’attendre des autres qu’ils fonctionnement selon nos attentes

Le premier écueil dans notre relation aux autres est qu’on considère souvent qu’ils devraient fonctionner d’une certaine manière, la nôtre ou celle que nous imaginons de leur part. On a beau reconnaître que notre amie et nous sommes différentes, nous pouvons être déçue ou agacée quand ses réactions ne correspondent pas à ce que nous attendons.

Ainsi, combien de fois pensons-nous ou nous plaignons-nous à une oreille compatissante en ces termes « Il aurait dû répondre ça, faire ça. » « A sa place, j’aurais fait ça ! » « Je ne comprends pas qu’elle ait réagi comme cela ! »

En effet, on attend souvent des autres qu’ils répondent à nos sollicitations conformément à ce que nous espérons d’eux, qu’ils réagissent selon certains codes, qu’ils agissent conformément à nos valeurs. Or, la constitution d’un individu est le fruit de tellement de facteurs (son héritage éducatif, son environnement familial, social, ses expériences…) qu’il est impossible de prédire ses réactions. C’est justement ce qui fait sa richesse et sa singularité.

La meilleure façon de ne pas en souffrir est de modérer ses attentes et d’engager un dialogue avec la personne dont le fonctionnement nous interroge. J’ai récemment eu un échange constructif avec une amie que j’apprécie beaucoup mais qui arrive systématiquement en retard à nos rendez-vous. Pour moi, la ponctualité est une valeur forte, marque de politesse et de respect et je m’interrogeais ainsi sur les retards permanents de mon amie. En en discutant avec elle, j’ai pu comprendre que la ponctualité n’avait rien à voir avec le respect dans son propre fonctionnement et nous serons à l’avenir vigilantes pour, de mon côté, modérer mon impatience et du sien, limiter mon attente (Enfin, je l’espère. C., si tu me lis 😊).

2/ Arrêter de tout prendre pour argent comptant.

Une deuxième clé pour apaiser sa relation aux autres est d’arrêter de prendre pour argent comptant toutes les remarques qu’ils nous adressent. Un collègue vous qualifie d’opportuniste, votre frère pointe votre timidité maladive, vos parents ont toujours souligné le fait que vous n’étiez pas organisée.

Dès notre enfance et tout au long de notre vie, on se retrouve étiquetée d’un certain nombre de qualificatifs valorisants ou dévalorisants.  On les reçoit souvent de plein fouet, sans mettre de filtre entre ce que nous dit notre interlocuteur et nous. Or, si on est blessée par une remarque, c’est parce qu’on la considère comme une vérité établie. Mais, en y réfléchissant bien, qui est cette personne qui nous décrit avec si peu de considération ? Que représente-t-elle pour nous ? Détient-elle la vérité absolue ? Est-ce que son avis compte pour nous ? Nous connaît-elle suffisamment pour nous juger ?

Avant de réagir de manière épidermique à ce que l’on peut recevoir de l’extérieur, commençons par mettre de la distance entre ce que l’on entend et ce que nous sommes réellement. Demandons-nous si cette remarque possède un fond de vérité et souvent, vous verrez bien que la vérité est ailleurs.

Il y a quelques années, je suis partie seule en voyage organisée au Sri Lanka. C’était mon premier voyage en solo et je me suis retrouvée à intégrer un groupe de voyageurs qui avaient déjà fait connaissance à Paris. Mal à l’aise car intimidée par cette situation, j’étais restée dans mon coin au départ. Une personne avec laquelle j’avais sympathisé par la suite m’avait dit qu’elle m’avait trouvée hautaine.

Combien de fois se trompe-t-on sur votre compte de la même façon quand on nous juge ? Pensez-y la prochaine fois que vous recevrez une remarque désobligeante !

3/ Prendre la responsabilité de ses réactions et de ses émotions.

La troisième piste pour mieux vivre ses relations amicales et sociales consiste à comprendre que, si quelqu’un nous blesse, c’est parce que nous ne sommes pas tout à fait en paix avec ce qu’il vient de nous dire. Nous sommes responsables des émotions que nous ressentons. Ce ne sont pas les autres qui nous blessent, nous vexent. C’est bien nous qui nous sentons blessée ou vexée si le sujet abordé touche ou réveille des choses en nous.

Si vos collègues blaguent sur les gros nez et que vous êtes fière de votre tout petit nez, vous rigolerez de bon cœur avec eux. Mais si vous faites un complexe sur votre appendice, il est fort à parier que vous rirez jaune voire même que vous vous sentirez blessée et peu à votre avantage ce jour-là. La situation serait la même si c’était un trait de caractère qui était mis en avant.

Selon ce qu’on assume de notre physique, de nos particularités, on sera plus ou moins touchée par les remarques qui nous parviennent. Comprendre ce mécanisme est une excellente façon de pacifier sa relation aux autres car, au final, c’est nous qui détenons la capacité de nous sentir affectée ou paisible face à des mots prononcés.

4/ Travailler sur soi avec bienveillance

Mieux encore, chaque échange nous permet d’avancer dans la connaissance de nous-même. C’est la clé n°4 que je vous propose.  Au lieu de considérer chaque remarque comme une tentative d’intrusion, de blessure, on peut choisir de la recevoir comme la possibilité d’apprendre sur soi et de travailler sur soi.

Si on se fait taquiner sur sa propension à être bavarde, au lieu de se renfermer et de se censurer lors du prochain verre entre amis, on peut réfléchir aux situations dans lesquelles on prend volontiers et peut-être un peu trop longtemps la parole. Pour quelle raison agit-on de la sorte ? Est-ce simplement de l’enthousiasme ? Est-ce un moyen de prendre sa place dans le groupe ? Est-ce une façon d’avoir forcément raison ? Il est intéressant d’analyser son comportement et de réfléchir à des voies alternatives pour répondre au besoin qui ressort de cette introspection.

5/ Ne pas prendre pour soi les réactions de son interlocuteur

« Que va-t-elle penser ? »  « Comment va-t-il le prendre ? ». Il est fréquent qu’on hésite à dire ou à agir spontanément par crainte de la réaction de l’autre. Et puis, combien de fois nous tracassons-nous de la réaction que nous avons, pensons-nous, provoquée. Notre collègue a piqué la mouche suite à la touche d’humour que nous avons innocemment ajouté dans notre dernier mail. Notre mère a très mal pris la dernière remarque que nous avons faites sur ses expériences ratées de cuisine alors qu’elle en rigole d’habitude. Nous allons cogiter des heures, chercher une oreille confidente pour se rassurer quant au fait qu’on ne soit pas en tort.

Cependant, clé n°3 de cet article, si nous sommes responsables des émotions que nous ressentons, notre interlocuteur l’est tout autant avec ses propres émotions. S’il est blessé par une remarque, c’est par exemple parce qu’il se condamne de porter le trait de caractère qui est pointé. A nous d’être bienveillante dans notre façon de communiquer mais à lui de régler les problèmes qu’il porte en lui.

Dans une relation, c’est cinquante, cinquante ! A chacun.e de gérer sa part !

Arrêter d’attendre des autres qu’ils fonctionnent selon nos attentes, ne plus prendre tous les messages qui nous sont adressés comme argent comptant, prendre la responsabilité de ses émotions et de ses réactions, ne pas prendre pour soi les réactions de son interlocuteur… Il est formidable de constater que nous avons d’excellents atouts en mains pour pacifier nos relations amicales et sociales et arrêter de souffrir pour des mots. Il est également intéressant de s’apercevoir qu’apaiser sa relation aux autres, c’est aussi apaiser sa relation à soi.

Je partagerai prochainement des pistes de réflexion pour s’engager dans cette voie.

A bientôt et n'hésitez-pas à commenter cet article. Merci !

 

 

 

 

 

 


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