Si vous avez tendance à ressasser toutes les situations que vous vivez, toutes les conversations que vous avez, ce post va vous faire avancer d’un grand pas.

Par exemple, vous avez pris la parole en réunion ce matin et votre intervention est passée quasiment inaperçue. Vous allez vous demander une bonne partie de la journée, voire des jours suivants si votre prise de parole était pertinente.

Autre exemple, vous avez passé la soirée avec un.e ami.e proche et, dans la conversation, il.elle vous a raconté une anecdote sur quelqu’un d’autre qui vous fait étrangement penser à vous et vous vous demandez s’il.elle n’avait pas un sous-entendu en tête. Même scénario, vous y repensez le lendemain matin et les jours qui suivent, cette pensée vient interrompre vos activités et même ternir la tranquillité que vous ressentez à ce moment précis.

Le cercle vicieux de la rumination

Il y a au moins 4 raisons principales pour arrêter ce mécanisme infernal des ruminations. Premièrement, on fait d’une mouche un éléphant. Le fait de ressasser un micro-événement lui donne une importance qu’il n’a pas. A partir d’un rien, d’une micro-situation, d’un mot, d’un regard, d’un signe qui ne durent bien souvent que quelques secondes, on construit toute une montagne qui n’existe pas dans la réalité.

Deuxièmement, au lieu de rester sur les quelques secondes de négatif vécues, on s’inflige à soi-même plusieurs longues minutes, voire plusieurs heures répétées de négatif. On se gâche soi-même la vie. C’est quand même dommage !

Troisièmement, on brasse du vent et on gaspille du temps qui pourrait être consacré à des actions bien plus constructives ou à résoudre le problème, à supposer qu’il y en ait vraiment un. Parce que s’il y a véritablement un souci, autant consacrer ce temps à le résoudre : avoir une conversation avec son ami, préparer ses prises de paroles…

Enfin et c’est là certainement le plus important, les ruminations fonctionnent comme des pensées limitantes qui modifient notre comportement. Pour reprendre l’exemple de la réunion où votre prise de parole est passée inaperçue, il est fort à parier que vous allez certainement y penser avant la prochaine rencontre et vous autocensurer lorsque le moment se présentera à nouveau. Quant à l’illustration avec votre ami.e, il est fort possible que vous pensiez à sa remarque lors de votre prochain rendez-vous et que ça modifie quelque peu votre humeur. Vous pourriez être un peu sur la défensive avec le risque de fausser la relation.

Pour toutes ces raisons, il est temps d’apprendre à arrêter de ressasser !

4 petits trucs pour arrêter de ressasser

– Les petits papiers

Vous le savez certainement, écrire est très libérateur et, quand on couche sur le papier toutes ses pensées négatives du moment et qu’on s’en débarrasse, l’effet est décuplé.

Ainsi, préparez en avance de petits carrés de papiers. Inscrivez-y vos préoccupations du moment, une par papier, autant que de besoin. Faites-le en conscience, c’est-à-dire en prenant le temps de visualiser la pensée négative qui quitte votre tête pour se poser sur le papier. Puis, au choix, jetez, déchirez, brûlez les papiers, en visualisant la destruction de vos ruminations.

Faites cet exercice une fois par semaine, voire une fois par jour si nécessaire si vous vivez une période où votre confiance en vous est fragilisée.

Un ami m’a également récemment confié une autre technique qui s’apparente à celle-ci (merci Stéphane 😊 !). Lors d’un stage, les participant.e.s avaient été invité.e.s à inscrire sur des petits morceaux de papiers un ou deux moments douloureux ou désagréables qu’ils avaient vécus. Puis, lors d’une promenade en solitaire en forêt, ils enterraient les papiers en question quand le moment était venu pour eux.elles de passer à autre chose.

– Le zapp, le petit geste qui stoppe tout

J’ai un petit geste salvateur que j’appelle le « zapp » que j’utilise quand je veux stopper une rumination. Je passe la main sur mon front, de la droite vers la gauche, en visualisant la pensée qui s’en va. Le geste est le même que quand on fait défiler ses photos sur son téléphone portable. Pour moi, c’est radical ! J’ai conditionné mon cerveau pour que ce geste stoppe le cercle vicieux dans lequel j’allais me lancer.

 Je vous invite à trouver le geste qui fait sens pour vous. Choisir un petit signe discret permet de stopper un début de rumination, où que vous soyez. Si vous manquez d’inspiration, voici quelques suggestions : se secouer les mains comme pour chasser une mouche, se frotter les mains comme vous le feriez pour enlever de la farine ou du sable, souffler lentement pour expirer ce négatif en vous, fermer les yeux comme pour couper net la pensée qui arrive et les ouvrir pour repartir sur du neuf.

– Répéter pour se distancer

Quand j’ai préparé ce sujet, m’est venue une technique que j’avais lue dans un livre de parentalité positive. J’en ai lu tellement que je ne me rappelle plus lequel 😊. L’auteur.e la suggérait pour les enfants qui disaient sans cesse un gros mot. Les parents devaient inviter l’enfant à répéter ce mot un grand nombre de fois de suite. Cela finissait par le lasser et il cessait de l’utiliser.

Je me suis alors demandée si la répétition d’une rumination pouvait la faire cesser. J’ai testé à partir d’un cas concret et je me suis rendue compte, qu’à force de répétitions, je devenais observatrice de cette pensée. Je prenais alors de la distance et elle ne m’apparaissait plus du tout préoccupante. Faites le test pour voir si cela produit le même effet chez vous.

– Le carnet de colère

Dans une boutique berlinoise, je suis tombée sur un carnet pour noter ses colères et ses insatisfactions. Je partage avec vous cette petite découverte au cas où cette technique retiendrait votre attention. Personnellement, elle ne me convient pas car je n’aimerais pas avoir, dans l’une des pièces de ma maison, ce carnet contenant toutes ces émotions négatives. Je n’apprécierais pas non plus de relire tout ce qui m’a tracassé ces derniers temps. Toutefois, garder trace de ses ruminations peut également permettre de voir le chemin parcouru. Au début, vous noircissez trois pages par jour et un mois plus tard, une seule page, et deux mois plus tard, une ligne. A vous de choisir !

Quelle que soit la technique que vous retenez, n’hésitez pas à faire le vide régulièrement pour ne pas vous encombrer de pensées qui limitent votre temps libre et vos capacités d’action. Si vous utilisez vous-mêmes d’autres petits trucs, vous pouvez les partager ci-dessous afin que nous puissions toutes et tous en profiter. Un grand merci !

Retrouvez cet article en vidéo sur ma chaîne YouTube :


    2 replies to "Arrêtez de ressasser et de vous prendre la tête"

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